Home
Le Nouvel Athanor
Le feu - Cahiers du Sens n°25 - 2015
Écrit par Administrator   


cahiers-du-sens-n25-s

Le feu

l'édition anniversaire 25 ans de la revue Les Cahiers du Sens !


« L'amour n'est qu'un feu à transmettre. Le feu n'est qu'un amour à surprendre ».

Gaston Bachelard.

 

En souhaitant éviter la division en chapelles, ce qui revient à éloigner toute tendance isolationniste, notre revue a atteint un quart de siècle, non point de sagesse mais plutôt d'élan vital. Paraissant à un rythme annuel, elle a pu (ou su ?) demeurer fidèle aux objectifs du Nouvel Athanor: à savoir éditer, promouvoir, diffuser la poésie contemporaine. Non point «pour se montrer » mais davantage « pour se mieux voir » comme le disait mon vieil ami Luc Bérimont dont on fête cette année le centenaire de la naissance.

Depuis 1991, date du premier numéro paru sur LE DÉSIR, jusqu'à ce vingt-cinquième sur LE FEU, nous n'avons cessé de rajeunir dans le sens opposé au Chronos de la montre. Grâce à l'amitié désintéressée, nous avons bousculé les circuits sociaux et économiques traditionnels, ce qui a été et reste le garant de notre liberté, de notre autonomie farouche et revendiquée.

S'il est vrai que sans Danny-Marc, rien n'aurait été possible, sans Jean-Luc Maxence, son compagnon de vie, non plus (« Les éditeurs », ce sont eux, donc « nous » !), il y a eu le « miracle » permanent, l'égrégore formé par tous les autres ! Et cette myriade de poètes contemporains qui ont bien voulu participer à notre aventure éditoriale, s'il fallait les nommer tous, depuis le début, il y faudrait plus d'une quatrième de couverture ! Et nous tenons à les remercier de nous avoir fait confiance et de ne pas avoir tenu compte des jalousies suscitées par notre réussite disons : spirituelle, afin de ne pas provoquer davantage les grognons de tous poils !

Ce numéro-anniversaire sur LE FEU est constitué d'un dossier brûlant (que le drame des tragiques assassinats de janvier 2015 à Paris a rendu encore plus incendiaire!) où l'on peut retrouver nos auteurs de la première heure (pour une fois, nous ne les citerons pas) renforcés par de plus récemment venus comme le sociologue Frédéric Vincent et des nouveaux, surprenants comme Alain Noël ou Mathias Lair. Son anthologie permanente, dans le même esprit d'ouverture têtue, accueille pour la première fois des poètes militants comme Philippe Biget, Giovanni Dotoli, Brigitte Gyr, Isabelle Lagny, et même Marc Rombaut. Quant aux notes de lecture, elles n'ont jamais été aussi nombreuses et franches, et aux textes sur le voyage, ils nous proposent un itinéraire plus que jamais vivant, en Inde mais aussi en France, au Maroc, en Roumanie, au Sénégal !

Au fond, notre revue de découverte LES CAHIERS DU SENS est devenue, semble-t-il, un voilier capable d'affronter les plus hautes mers du moment, en domaine de poésie. En vingt-cinq ans, contre vents et tempêtes, elle est restée exigeante et curieuse, obsédée davantage par la qualité littéraire que par les subventions d'État.

Consciente de n'avoir jamais cédé à l'hypertrophie du nombril, maladie endémique de nos «obédiences» poétiques, elle salue ici ceux et celles qui soutiennent son esprit libertaire et d'ouverture, sans faire de tapages publicitaires, sans même jouer les «Charlie» opportunistes pour avoir l'air absolument « populaire » afin d'obtenir quelques aides ministérielles sonnantes et trébuchantes.

Henri-Frédéric Amiel écrivait jadis : « le plus grand obstacle à l'indépendance, c'est la dépen- dance d'autrui». Nous ne l'oublierons jamais. Quoique nous décidions ensemble pour l'avenir.

 

Les Cahiers du Sens n°25

Le feu

Par Jean-Luc Maxence et Danny-Marc

Ean 13 : 9782356230580

Isbn : 2356230580

Prix public : 20 euros


Pour commander cet ouvrage: cliquez ici


Mise à jour le Jeudi, 17 Novembre 2016 01:17
 
33e Marché de la Poésie - 10 au 14 juin 2015

 

 

affiche-33e-mdlp-2015


Le Nouvel Athanor a le plaisir de vous inviter au


33e Marché de la Poésie

 

Mercredi 10 juin 2015 - de 14h à 21h30

Jeudi 11 juin 2015 - de 11h30 à 21h30

Vendredi 12 juin 2015  - de 11h30 à 21h30

Samedi 13 juin 2015 - de 11h00 à 21h30

Dimanche 14 juin 2015 - de 11h30 à 20h 

entrée libre


Stand 509

Place Saint Sulpice

75006 PARIS




Pour cette 33e édition, le Nouvel Athanor vous propose :


Le 25e numéro de la revue Les cahiers du Sens "Le feu"

 

Les nouveaux recueils

 

Je te vois pâle ... au loin de Martine-Gabrielle Konorski

D'où venir ? de Marie Gatard

L'écho d'un visage de Marc Rombaut

La révolte, le vide et la grâce de Bernard Jokobiak

Un nom pour la nuit de Bojenna Orszulak

Le sang le soir de Guy Allix

La monographie consacrée à Patricia Laranco

 

 

Signatures et dédicaces

Cliquez ici pour voir les dates et horaires des signatures pour chaque auteur.


 
Nouvelle Lanterne - numéro 12


MARC ROMBAUT, Chelsea Romance

20 € aux éditions Pierre-Guillaume de Roux

41 rue de Richelieu 75001 Paris

À nos yeux, Marc Rombaut est une grande figure de la poésie francophone contemporaine. L'homme est modeste, trop, et ce dernier roman est pourtant une belle réussite au plan de la sensibilité comme de l'écriture. Marc Rombaut sait, en effet, « se réapproprier la générosité de la vie » (p. 56). Il fait revivre Sonia et Laura, faisant de la seconde une fable et de la première une icône « d'amour vrai ». Nous aimons ces « baisers échangés sous la pluie », cette pluie sur Londres, cet envoûtement subtil du temps des passions, « comme une douce musique perdue puis retrouvée » (p. 204). Rombaut déplore une société superficielle jusqu'à l'âme, il se laisse captiver par Londres qui parle en lui. Il reste éveillé tel un poète capable de vivre « l'inversion des nuits ». Ce roman est une romance poétique habitée d'une mélancolie subtile, reflet d'une « intranquillité » impalpable. Exceptionnel.

 

PROFESSEUR DING, Éléments de trOglolOgie et de quelques autres sciences spectrales à l'usage des fantômes en sursis

20 € éditions du CéphalOphOre trop troué

Ce « livre des trous » fait sourire et dépayse pour son art de « tourner autour du trou », « avec de la mort autour », et en appelle trou à trou à Raymond Queneau, Achille Talon et mon bisaïeul le dessinateur Christophe ! L'ombre d'Alfred Jarry n'est pas loin, celles des surréalistes non plus. Tout cela garde son pouvoir perforant mais prouve aussi qu'il peut exister « un non trou » qui peut cacher un trou ». Il y a des « trous incognitos » et des éditeurs joyeux que l'on retrouve avec joie à chaque Salon du Livre, indépendant ou non.

 

CLAUDE-HENRI ROCQUET, Méditations de Noël, In illo tempore

14 € aux éditions Le Centurion, 2014

« Comme un éclaireur ouvre la marche d'une armée », le poète Claude-Henri Rocquet a su évoquer la naissance de Noël sans tomber du côté de la mièvrerie pieuse ! Pas une seule note juste, pas un iota ne manque à cet orchestre du ciel, qui vous avoue la prière d'un vieux berger posant en tremblant la main dans votre main. « Il fait noir. Il est minuit. Quelqu'un frappe à ma fenêtre » écrit C-L Rocquet, en chantant le bonheur d'enfance...

 

DANIELLE BERTHIER et JEAN-MARIE BERTHIER, Les enfants de la douceur immobile

14 € aux éditions Le Bruit des autres, 2014

Dans une préface exemplaire, le poète Jean Joubert salue cet ouvrage de poèmes émouvants constituant un regard croisé du cœur blessé à mort, si l'on ose écrire. Les poèmes du père et de la mère, inspirés par la mort de deux enfants à la suite de deux accidents fatals de la circulation disent ici la mémoire de la douleur et de la douceur immobiles. Ils sont déclaration d'amour et double message d'espérance par delà l'inacceptable. Quand Jean-Marie évoque la « dure douceur de durer », Danielle évoque la trace des regards, indélébile. Jean-Marie creuse « un tunnel d'étoiles », Danielle avoue : « Il y a un langage, au Pays des Mères, / C'est une caresse sur la langue, le palais. ». Et Jean-Marie conclut sur une certitude arrachée de la douleur : « Souffrir est un village / où se pendent les lueurs / aux patères de la douleur ».

 

SALAH AL HAMDANI, Bagdad, mon amour, suivi de Bagdad à ciel ouvert

13 € aux éditions Le Temps des Cerises, 2014

Que l'auteur (qui écrit en Français et en arabe) vive à Paris en exil depuis 1975 en raison de son opposition à la dictature de Saddam Hussein, explique la cause de ses révoltes, certes, mais n'élucide pas pour autant la source de son grand talent de poète populaire écrivant « avec le langage des veines et du corps ». L'art d'apaiser une existence « submergée d'appels de torturés » (p. 58) n'empêche pas Salah Al Hamdani de savoir qu' « aucune blessure ne mérite une guerre » (p. 98). Voilà une sagesse défiant des torrents de sang qui détient sans doute le secret de cette écriture efficace, belle, qui fait écrire au poète que « le cri que l'on perçoit d'un homme / est toujours plus beau que son silence ». Cela nous touche parfois tout autant qu'Aimé Césaire.

 

ISABELLE LAGNY, Le sillon des jours

10 € aux éditions Le Temps des Cerises, 2014

« Et si je revenais / te dire / que l'éternité n'est pas futile ? » . Dans cette interrogation transparait l'originalité d'Isabelle Lagny qui, pudiquement, de façon directe, avoue que « les enfants nés de la pluie /n'ont plus le droit de prendre leur goûter ». Loin des grandiloquences faciles, Isabelle Lagny nous propose un souhait d'intérêt public : « Que personne ne se juge /mais que chacun / cherche loyalement / le sens de ses actes / afin de sauver / ce qui lui reste d'humain » (p. 48). Il s'agit là d'une sorte d'humanisme féminin « qui efface l'angoisse » et met en avant une tendresse sincère « dans une trouée de soleil ».

 

GUY ALLIX, images de Martine Delerme, Le petit peintre et la vague

11 € aux éditions Beluga Coop Breizh, 2014

http://www.beluga-jeunesse.com

Le texte de Guy Allix est digne de son œuvre poétique, tout en nuances, apprivoisant « la vague et le vent et la vie ! ». Le Petit Peintre n'est jamais enfantin, faussement innocent, mais « Il n'a peur que de l'absence d'amour dans le monde » (sic). En résumé, Tout est dit. Toute l'espérance du poète fraternel. Et les dessins s'harmonisent modestement avec la prose, cherchant toujours à « piéger la lumière ». Une œuvre d'art, en somme.

 

JEAN-CLAUDE TARDIF, La Vie blanchit

15 € aux éditions La Dragonne, 2014, Diffusion Les Belles Lettres

avec le soutien du CNL

Avec J-C Tardif, la poésie est directe, simple, imagée et « Nous nous mettons simplement d'accord / sur un poème vrai ». « Un poêle à bois est au centre de la vie », « nos yeux parlent pour nous, bavards », « La table est mise /mais personne ne s'assied ».

À force de dépouillement et de sobaiété, l'écriture est efficace et limpide. Tardif sait créer une ambiance (à la Brassens ?), il nous offre « l'odeur du thym / et des menthes poivrées qui chantent sous le vent ». C'est un céramiste des mots, un sculpteur sur bois, une ritournelle campagnarde.

 

CLAUDE PÉLIEU, NEW POEMS&SKETCHES / 1977

Aux éditions Le Livre à venir, BOOKS FACTORY, 2014

On savait que Claude Pélieu était un authentique poète, excentrique, inspiré, portant en lui le rayon-laser d'une farouche indépendance. Ces « fonds de tiroir » le prouvent avec brio. Pélieu, qui est en effet l'un des seuls écrivains français a avoir eu d'étroites relations avec la Beat Genération, est notre Ginsberg onaniste et désespéré ! C'est surtout un poète majeur, romantique, suicidaire, à vous couper la parole ! À des années-lumière des « barbares merdeux » et des mondains sous couverture de Monoprix prétentieux !

 

GUY BENOIT, Ma mort, reconnaîtra (sans qu'on sache le versant)

16 € Aux éditions Les Hauts-Fonds, 2014

« Il ne démord plus /du crâne de mort », l'ami Guy Benoit ! J'aime la précision de son écriture resserrée comme un poing de rage, sa farouche autonomie d'idéologie, l'insaisissable de son ciel personnel. Aux rives de la mort, le fauve tourne et retourne dans sa cage fraternelle. Ô le pincement au cœur des sales gosses de Mai 68, hors saison bien sûr ! Faute de savoir ce qui nous attend derrière la vie, invoquons ensemble ce « droit d'asile »...

 

JAVED AKHTAR, D'autres mondes

Traduction de Vidya Vencatesan

20 € chez Les éditions de Janus, 2014

Ce recueil en français, hindi et ourdou, préfacé par Marcel Bénabou, est un régal, d'une rare richesse poétique. Il s'agit de « poésie engagée » ainsi que l'entend un éditeur comme Bruno Doucey, par exemple. Voilà pourtant une poésie d'idée, fondée sur une quête consciente de justice pour tous, allusive et jamais conventionnelle, une ode permanente aux voyageurs du désir qui me touche parce qu'elle ne m'ennuie jamais comme me font bâiller tant et tant de textes besogneux à l'image de tracts idéologiques sans couleur ni saveur !

 

BERNARD GRASSET, Les hommes tissent le chemin, Voyage 2, 2000-2008, peintures de Jean Kerinvel,

12 € aux éditions SOC & FOC, 2014

Impeccable, cette poésie-là ! Peut-être trop sage ? Mais c'est parfois très beau comme : « Le grand phare, le sable, / l'écho des années / Prolonge l'aventure. ». Ou même ce cri : « Une icône contre les livres. » Mais il n'y a pas de point d'exclamation, hélas.

Bernard Grasset impose son regard mystique en quête « des mots les plus purs. ». « Lente marche de midi, / l'ermitage, les cyprès, / Si fort souffle le vent sur les serres »... À quand le temps de la colère, sainte bien entendu ? Il y a aussi des orages sur les montagnes...

 

JEAN ZÉBOULON, À une passante et à tout ce qui ne passe pas

18€ aux éditions La Table Ronde, 2014

Ce recueil disparate d'aphorismes et de notes diverses abrite plus de poésie qu'un bon nombre de recueils de poèmes « classiques » ! Après tout, « on peut rire de tout mais pas tous en même temps ». Et, dans la même veine, relevons : « La vérité sort de la bouche des enfants et court se réfugier dans l'oreille d'un sourd » !

Oui, j'ai pris de la joie à lire Jean Zéboulon. L'humour est au rendez-vous. De toute façon, « contre le mauvais sort, il y a les bons mots »... et l'on en redemande.

 

LIBOR SIR, Barbara - Photographies inédites,

Photographe : Libor Sir, Coordination artistique : François Laffeychine et Pierre Landete

35 € aux éditions Le Castor Astral, 2014

Portraits de Barbara réalisés par Libor Sir en 1967. On y voit la chanteuse en concert, mais aussi saisis au naturel, au bord de la mer, devant l'Écluse, à Paris, ou Place des Vosges...La magie et la nostalgie opèrent. Étonnante Barbara, espiègle, sensuelle, émerveillée et éternelle, maquillée dans l'âme.

 

PHILIPPE JAFFEUX, Alphabet De A à M

Aux éditions Passage d'encres/Trace(s), 2014

Des pépites de poésie dispersées sous la fausse apparence superficielle d'un bric-à-brac de faux hasards. « Pour honorer l'art d'un ordinateur sublimé », un tohu-bohu de lettres pour tuer le Réel pas toujours doré ! La sève d'un alphabet en péril ?

 

SIMONE CUKIER, Éclatements

Illustrations de Michèle Frank

15 € auto-édition de « luxe »

Poésie de sous-préfecture, à vrai dire sans grand intérêt ! Ne mérite pas un sou mais surtout pas un Prix sous l'acacia des dérisions orgueilleuses. Comment un Conseil de je ne sais où, suprêmement dérisoire, peut-il attribuer un hochet à une pareille banalité ? Navrant.

 

GASPARD HONS, Roses imbrûlées

Aux éditions Estuaires, 2013

Une excellent occasion de saluer le talent de ce jardinier des mots qu'est le poète Gaspard Hons qui inscrit ce recueil « dans la recherche de la rose du temps, non du temps horloge, mais de celui de l'intensité ». L'inspiration heureuse est présente dans chaque image. Tout est recherche de « la rose improbable », tout se joue « au centre d'un temple inhabité ». « Ce ne sont ni des roses / ni des questions », plutôt une philosophie de la vie laissant venir la lumière de toutes parts. Saluons l'artiste !

 

Jean-Luc Maxence

 
Nouvelle Lanterne - numéro 11


MAURICE CURY, Paroles Testamentaires

15 € aux éditions D'ici et D'ailleurs

 

Comment demeurer insensible à ces poèmes d'une large respiration lyrique, qui, parfois, font songer au meilleur de Louis Aragon ? De toute façon, Maurice Cury a bien du talent pour remonter « le fleuve jusqu'à la place / Des commémorations où revivent / Les morts des monuments funéraires » (p.21). Il s'est promené au long des années, cherchant ce qu'il savait ne pas trouver, avoue-il, « suivant des chemins de fortune / Menant à des culs-de-sac prévisibles » (p. 8). Mais Maurice Cury, qui atteint le crépuscule de sa vie battante et généreuse, et qui a toujours choisi le camp des exploités et des pauvres de biens et de cœur, mérite ici remerciement et profond respect. Poète, romancier, essayiste, Cury a toujours su qu'on n'entre pas son âme dans un ordinateur, et il y a, au secret de lui, une nostalgie de transcendance persistante. Ainsi :

 

« J'ai vu dans les nuées des créatures bleues

 Qui quittaient leurs corps avec désinvolture

 Mais je n'ai jamais vu sortir de sa voiture

 Le Christ revenu pour un dernier adieu ».

 

GÉRARD BAYO, Un printemps difficile - Anthologie poétique

18€ aux éditions L'herbe qui tremble

25 rue Pradier 

75019 Paris

 

« Avec le soutien du CNL », ce copieux recueil démontre l'aisance poétique de Gérard Bayo, toujours intelligent dans sa manière d'appréhender l'écriture (« Partout dans le monde nous faisons / semblant d'oublier / nos poèmes plus vivants / que jamais », p. 13). Bayo dit le Mystère majuscule du monde. Il sait que la fontaine aussi a soif « et jamais ne se tait » (p. 171). Ses textes sont toujours composés pour être perçus par tous. Il ne fait jamais de l'hermétisme un sphinx sans secret ! Sa connaissance d'Arthur Rimbaud – il en est l'un des spécialistes – lui évite banalité et redondances. Sans doute faut-il rester attentif à son art plus que jamais. « On dirait que dans l'arbre jamais la branche n'a manqué », en effet.

 

JACQUES SOMMER, L'oubli, la trace

18 € chez Alexipharmaque 

BP 60359, 64141

Billère Cedex

 

Jacques Sommer interroge « Là / où habiter /était possible / à l'orient du désir » (p. 80). Il a le sens des symboles forts, de ce qu'il appelle « un lyrisme de forte écriture » aussi. Poète fidèle, il ose « l'enchantement parmi les ruines / s'il faut que la clarté ne soit qu'un clair-obscur / pareil à ces vitraux où veille / incorruptible la mémoire ». Signalons enfin la postface de La Prose d'Aubervilliers, beau volume de Jacques Sommer, capital, publié en 1996 chez Dumerchez, éditée ici pour notre joie, sous le titre À la gloire du perdu. Le poète explicite ici sa démarche intérieure, sa part de rêveur, la marche de son poème « calquée sur le rythme même de la marche physique du promeneur, sur chacun de ses pas ». Il a su dans ce texte cerner les tenants et les aboutissants de son propre exercice poétique : « désigner la fleur anonyme qui pousse dans le désordre des ferrailles et des scories ».

 

JEAN MÉTELLUS, Empreintes

18 € aux éditions de Janus,

88 rue du Mont Cenis

75018, Paris

 

Comme l'écrit Claude Mouchard dans sa préface, Jean Métellus, qui vient de quitter ce monde de souffrance, nous donnait en toute générosité une parole simple et généreuse, lyrique et « flamboyante de violence ». La tonalité populaire de son art dépassait largement Haïti et s'ouvrait à l'Europe. Entre oralité et litanies, Métellus chantera longtemps encore la liberté souhaitée tel un lieu sacré.

 

MATHIAS LAIR, La chambre morte

10 € chez Lanskine

39 rue Félix Thomas

44 000, Nantes

 

Hymne à la mère quand le fils n'a nulle envie d'aborder la carte du tendre mais sait qu'il est « malsain de rester confit dans la haine ». Et ce texte est beau, d'une écriture sûre, violent parfois, d'une sensualité insolite, dans le mystère absolu de la chambre du cœur. Mathias Lair ne cesse ici de vouloir entreprendre une « reconstitution » impossible du passé. Il juge sa mère comme ayant été « à la fois folle et méchante ». Sa prose est superbe, celle d'un écrivain authentique. J'ai songé aux livres si émouvants de Roger Peyrefitte, de Simone de Beauvoir, sur leur mère respective.

 

DOMINIQUE FABRE, Je t'emmènerai danser chez Lavorel

12 € chez Fayard Poèmes

 

Le voilà le poète de la mélancolie des banlieues ! Un régal de lecture. Une émotion vraie. Je ne résiste pas à la tentation de citer un poème tout entier. Il n'y manque que la musique : de l'accordéon peut-être ?

 

« Tu me prendras la main

chez Lavorel

j'espère que je serai digne de toi

si j'avais dix ans de moins 42 ans

plutôt que 52 bientôt 53

je te proposerais d'avancer encore

d'essayer encore

mais dix ans de trop ont passé

as-tu vu le portail grand ouvert et toutes

les fenêtres cassées

où c'était marqué à vendre

depuis tellement longtemps déjà ? »

 

C'est comme du Prévert d'antan, c'est comme du René Fallet, aussi, quelque fois. On lit sans avoir besoin de dictionnaire de rimes ou de post-surréalisme artificiel. C'est la narration des amoureux éternels, sur les autoroutes de la tendresse, dans le dancing de l'enfance perdue. Je vous recommande vivement cette lecture-là.

 

Jean-Luc Maxence

 
8e Salon des Editeurs Indépendants - 28 et 29 Juin 2014

 

 

8e-salon-editeurs-independants-2014


Le Nouvel Athanor a le plaisir de vous inviter au


Salon des Editeurs Indépendants du Quartier Latin

Pour cette 8e édition

 

Samedi 28 Juin 2014 - de 10h à 21h

Dimanche 29 Juin 2014 - de 10h à 20h


Lycée Henri IV

Sous le Cloître de la Cour d'Honneur

23 rue Clovis

75005 PARIS

RER Luxembourg

M° Cardinal Lemoine


 

 

Pour plus d'information, le site de l'organisateur Pippa éditions : www.pippa.fr



 
«DébutPrécédent123456SuivantFin»

Page 4 sur 6
Copyright © 2017 Le Nouvel Athanor. Tous droits réservés.