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Nouvelle Lanterne - numéro 2 PDF Imprimer Envoyer


Après un assez long silence, voici donc LA NOUVELLE LANTERNE (n°2) qui, en cette fin d’année 2011, vient vous signaler quelques recueils de poèmes récents méritant à nos yeux une lecture attentive.

 

Hervé Brunaux : Leçons de choses

Dernier Télégramme

Hervé Brunaux dont LE NOUVEL ATHANOR avait recueilli  les premières alchimies tient toutes ses promesses et nous en sommes joyeux ! Étonnant texte que celui-ci, avec son refrain telle une obsession : « une semaine comme une autre est une autre semaine ». Avec un air détaché de tout, le poète évoque ici la douceur du monde dans son humble diversité naturelle et nous incite à aimer l’oignon, l’asperge, l’abeille, le melon, la pomme de terre, le chou-fleur, la fraise, un nuage, une sieste, le disparate qui nous entoure…  Aucun lyrisme, aucun message « écolo-bobo » derrière ces mots justes, moins de parti-pris d’hermétisme en guise de slogans, aucun slogan d’ailleurs, simplement l’énumération poétique du spectacle du monde. Mais le miracle opère ici : Hervé Brunaux est un authentique poète, original, pas comme les autres, justement !

 

Patrice Bouret : Calendrier improbable

Éditions de l’Atlantique

Oui, voilà bien de la prose poétique de valeur !  La personnalité de Patrice Bouret s’impose ici. Une originalité rare et une façon désenchantée et mystique de tenter de piétiner les incertitudes renouvelées. Un exemple : « C’est toujours la saisons qu’il faut pas. / On veut du soleil, on a la pluie. / On veut de l’ombre, on brûle ». Un autre exemple : « Une salle d’attente dans les couloirs interminables de la vie ordinaire… ».

Dans l’existence en général, je ne sais pas trop si « la fin est déjà le début », mais je salue avec amitié et respect cette poésie qui voudrait que jamais ne s’éteigne la nuit « dans un bavardage tremblant ».

 

Fouad El-Etr : Irascible silence 

Frontispice de Paolo Vallorz (La Délirante)

Publié avec le « concours du Centre national du livre », selon la formule ad hoc, il nous plait de saluer avec respect et admiration  ce beau recueil qui marque le retour en poésie de Fouad El-Etr , le créateur de l’immortelle revue LA DÉLIRANTE.

Noble, majestueuse parfois, infiniment musicale et mystérieuse, cette inspiration poétique, sous la seule emprise de l’amour, réveille la beauté « sur les mûriers du temps »…

« Sommes-nous morts ou vivants

Est-ce moi qui rêve est-ce vous

Me réveillant d’un de vos rêves

Ou d’un des miens vous relevant ? ».

Si le silence écoute, quand se taisent les cigales (sic), ce lyrisme demeure une mélodie réussie ainsi qu’une entaille commune du côté du cœur.

 

Olivier Peyrebrune : Un barbare en peinture

Éditions Librairie-Galerie Racine

183 pages de poèmes insolites commentant du bout d’une fine sensibilité, « au travers des émotions des autres », des tableaux de maîtres, paysages pour la plupart célèbres, qui nous emportent d’agréables récréations en doux libertinages.  Mais le poète Olivier Peyrebrune, décidément inclassable, ne se contente point ici de commentaires inspirés, il fait revivre chaque tableau, lui rend à chaque fois son pouls battant et ses confidences de couleurs, enfermant amoureusement dans chacun de ses mots choisis la nature sauvage de son mystère d’être. Ce mariage de l’Art pictural et de la poésie émotive est une exceptionnelle  réussite. L’étonnement est toujours au rendez-vous, les thèmes des peintres et des poètes se rejoignent en des noces insolites sous le rayonnement solaire d’amours impossibles.

 

Jean-Luc Maxence

 
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