1Cet article traite des conflits possibles entre savoirs scientifiques et croyances religieuses à l’école. 28Ces deux premières pistes sont-elles suffisantes pour permettre aux élèves d’éviter toute forme de confusion ou d’amalgame ente science et croyance religieuse ? En ce sens elle soppose à la notion desprit critique, et trouve son antithèse dans linstrumentalisme qui considère que les modèles scientifiques ne sont que des instrum… Il arrive aussi que nous disions « Je crois » pour exprimer, précisément, un… 22Quatrième constat : la probabilité, pour les élèves croyants, d’adopter une conception sécularisée de la science tend à être plus élevée s’ils attribuent aux Écritures sacrées le statut de « récit symbolique et/ou mythique » plutôt que celui de « récit réaliste » : 30 % contre 8 % chez les musulmans, 33 % contre 12 % chez les protestants et 66 % contre 36 % chez les catholiques. - Sauf que non, désolé, ce n'est pas une croyance mais une théorie scientifique prouvée , une accumulation de faits qui mènent à des hypothèses, en s’appuyant sur des observations et des expériences scientifiques. L'intégrale du programme sur france.tv 24Dès lors, comme nous le notions (Wolfs et Delhaye, 2016), il pourrait y avoir, pour certains, un cumul de facteurs conduisant à une conception peu sécularisée de la science : s’identifier à une obédience religieuse historiquement et sociologiquement peu sécularisée (par exemple, être un élève protestant évangélique), être originaire d’une société elle aussi globalement peu sécularisée et enfin, dans un contexte d’immigration, avoir éventuellement développé des stratégies identitaires de survalorisation ontologique, mettant au premier plan certaines traditions ou pratiques religieuses peu sécularisées, par exemple une lecture littérale des Écritures. (2000) : Et Dieu dit que Darwin soit !, Paris, Seuil. Dans quelle mesure les élèves de terminale ont-ils une conception sécularisée ou non de la science ? 9 Cette différence est aussi statistiquement significative (Chi² (2dl) = 35, S.000). Histoire de l'autorité : l'assignation des énoncés culturels et la généalogie de la croyance. Hors du champ de la sociologie et de la religion, la foi fait assez peu l’objet d’études à caractère scientifique. (→ renversement croire et savoir de la confusion 2 : la distinction entre croire et savoir étudiée dans le II n’est pas sans soulever quelques ambiguïtés. « Le mode de légitimation d’une croyance religieuse ne repose absolument pas sur sa remise en cause permanente et rationnelle, comme le fait le savoir scientifique. On constate néanmoins que ce facteur n’a qu’un effet limité. Propone un marco de análisis que permite entender mejor las posiciones que pueden adoptar respectivamente ciencias y creencias religiosas así como los resultados de una encuesta realizada en Bélgica francófona sobre este tema con un muestreo de 1400 alumnos de bachillerato. Dans ces deux cas, aucun effet statistiquement significatif de la filière d’études ne peut être mis en évidence. Il s’agit en quelque sorte de vouloir trouver Dieu, défini éventuellement sous la forme d’un principe abstrait ou d’un grand architecte, à travers la « science », quitte à créer une pseudo-science pour tenter d’y parvenir. ), ainsi que leurs implications en matière de gestion de la diversité culturelle et des convictions, en matière d’éducation à la citoyenneté ou de formation des enseignants. Cette troisième piste permet ainsi aux élèves d’envisager plusieurs options possibles et de les argumenter. L’origine de l’univers. La croyance repose sur une insuffisance de preuve et conduit à affirmer quelque chose dont nous ne sommes pas certains. fh� 11 Chi² (1dl) = 27,5, S.000 pour les musulmans, Chi² (1dl) = 11,8, S.001 pour les protestants, Chi² (1dl) = 20, S.000 pour les catholiques. L’enseignement transmet un savoir scientifique incontestable, des connaissances argumentées, démontrées, vérifiées. Si le système est trop rigide et impénétrable, il devient tôt ou tard improductif. Ce document a … Coup de pouce - Relevez des informations dans le texte qui suggèrent qu’une croyance et un savoir scientifique peuvent être contradictoires. À titre d’illustration de cette quatrième piste, mentionnons un dispositif mis en place par une enseignante de français. Par métonymie, le terme désigne aussi l'objet de cette croyance. Chez les élèves catholiques, un effet statistiquement significatif8 de la filière générale d’études peut être observé, avec un taux de 41 % en technique professionnelle contre 67 % et 74 % dans les filières générales, mais qui doit être interprété avec prudence, compte tenu en particulier des niveaux d’étude sensiblement différents des parents entre ces filières. 2Notre préoccupation plus générale, en amont de la question spécifique de l’acceptation ou non de la théorie de l’évolution, est celle de savoir dans quelle mesure les élèves, au terme de l’enseignement secondaire, ont acquis ou non une conception « sécularisée » de la science. À savoir ! Le but du dispositif est d’apprendre aux élèves à distinguer plusieurs types de discours (religieux ou métaphysiques, philosophiques, scientifiques, etc.) Page 1 sur 35 P.DORNE- DAAC Grenoble Compétences : Distinguer une croyance ou une idée d’un savoir scientifique - Comprendre l’évolution d’un savoir scientifique Objectif : A partir des documents suivants accompagnés d’aides à l’exploitation par les élèves et de compléments pédagogiques pour les enseignants, définir les caractéristiques d’une théorie scientifique. Il repose sur le postulat de travail suivant : dans la démarche scientifique, la nature s’explique par la nature (et non par le livre de la Parole). Introduction Le savoir et la croyance, en leur sens le plus large, ont un point commun : chacun prétend délivrer une vérité. Savoir implique croire au sens 1. vraie : une croyance fausse ne peut être une connaissance (= erreur) Les enjeux en présence sont suffisamment importants pour qu’un cadre clair et précis puisse être défini et mis en œuvre, en concertation avec l’ensemble des acteurs éducatifs concernés. ), Théorie de l’évolution et religions, Paris, Riveneuve éditions, p. 225-238. %PDF-1.5 Si bien que les philosophes définissent généralement le savoir comme la croyance en des choses vraies : dans l’ensemble des choses crues, il … 1 La Nature peut être définie métaphoriquement comme étant un « livre » à découvrir ou à comprendre. Ensuite, sur la base de cette grille de lecture, nous examinerons dans quelle mesure des élèves de terminale en Belgique francophone, de différentes convictions (catholiques, musulmans, protestants, agnostiques-athées) et filières d’études, ont acquis ou non une conception sécularisée de la science. 4 Ce modèle a été construit en articulant une démarche de type déductif, qui a consisté à définir des catégories conceptuelles abstraites à partir de deux critères généraux (la prééminence ou l’absence de prééminence entre sciences et croyances religieuses, la recherche ou non d’une forme de complémentarité entre les deux), à une démarche inductive, qui a consisté à analyser un grand nombre de prises de position différentes issues de contextes historiques et culturels variés (à partir d’ouvrages historiques, d’enquêtes de terrain, etc.). WOLFS J.-L., DELHAYE C. (2016) : « Convictions religieuses et adoption ou non-adoption d’une conception sécularisée de la science. Ainsi, chez les élèves musulmans, la proportion d’élèves ayant une conception sécularisée de la science est très faible dans les trois filières d’études (8 %, 16 % et 14 %). Elle concerne aussi bien les sciences dures (mathématiques, physique-chimie, biologie, etc.) Mais on trouve aussi la phrase "je croyais que je savais". 3 Ainsi, si l’on admet ces critères, les questions qui touchent à l’existence ou à la non-existence de Dieu ne font pas partie du champ de la science et ce par choix méthodologique et non de conviction. Celui-ci est le fruit d’une conquête de plusieurs siècles de la part de savants tant croyants que non croyants. Science et croyance : l'illusion du vrai et la certitude du faux. MINOIS G. (1990) : L’Église et la science. Fiche de lecture de 4 pages en culture générale & philosophie : Karl R. Popper, Conjectures et réfutations - La croissance du savoir scientifique : fiche de lecture. Autour de Christian de Cacqueray, quatre invités sur le ... tout en vivant une grande unité entre leurs connaissances et leur croyance. En voici quelques-unes, à titre d’illustration : Le capitalisme est-il une religion moderne ? 17Les trois premières conceptions peuvent être qualifiées de non sécularisées, dans la mesure où la science est, à des degrés divers, sous le contrôle du religieux et qu’elle n’est pas autonome ou indépendante par rapport à lui. stream À partir de celui-ci, un état des lieux a été esquissé en Belgique francophone auprès d’un échantillon de 1 400 élèves de terminale. ⬥ En sciences, on recense des faits, des observations, on formule des hypothèses, des résultats d’expériences, puis on en tire des interprétations et des conclusions. Le concept philosophique de croyance fait partie de la théorie de la connaissance. 12 À titre d’exemple, une exposition itinérante, organisée en Belgique francophone en 2007 sur le thème « À la découverte de l’âge d’or des sciences arabes », a permis à de nombreuses classes de prendre conscience de la richesse de cet apport et de renforcer les liens d’estime et de respect entre cultures différentes. <> (dir. est un savoir car elle est issue d'un corpus d'astronomie dûment validé par la communauté scientifique. José-Luis Wolfs, « La concurrence entre savoirs scientifiques et croyances religieuses à l’école », Revue internationale d’éducation de Sèvres, 77 | 2018, 103-112. Le savoir et la croyance, en leur sens le plus large, ont un point commun : chacun prétend délivrer une vérité.Les théories scientifiques prétendent dégager certaines lois régulières expliquant les phénomènes physiques, ou bien établir indubitablement des démonstrations mathématiques.C'est pourquoi le savoir semble destiné à faire disparaître la croyance, partout où elle … Comprendre la nature du savoir scientifique et ses méthodes d’élaboration Le savoir scientifique résulte d’une construction rationnelle. Il s’agit d’un espace pour partager et consulter des contenus qui abordent la thématique “ Science, culture, croyance, comment en parler ?. ⬥ La démarche scientifique repose sur le principe du questionnement. À cette fin, un cadre d’analyse permettant de mieux comprendre les positionnements possibles entre sciences et croyances religieuses a été proposé. comparée Fable : la forme de la Terre Par opposition au savoir rationnel et à la certitude objective. Type de positionnements possibles entre sciences et croyances religieuses4. 15La figure suivante permet de mieux visualiser ces différentes conceptions, ainsi que les critères distinctifs sous-jacents. La démarche scientifique est une procédure rigoureuse qui permet à la science d’avancer. Les objectifs sont de mettre en commun des réflexions et des contenus qui abordent un aspect du sujet et d’accompagner les professionnels de la médiation dans l’appropriation de ceux-ci. MATHIEU S. (2011) : « Ce qu’ils en disent : la perception de la théorie de l’évolution par des élèves de collège et lycée », in PORTIER P., VEUILLE M., WILLAIME J.-P. En novembre 2017, à l’initiative de Société Française de Recherche et Médecine du Sommeil (Sfrms) et la Société de Pneumologie de Langue Française (Splf), des experts se sont réunis pour délivrer un avis éclairé sur les possibles utilisations de la mélatonine. », Éducation et Sociétés, n° 33, p. 113-136. 2) N'y a-t-il de savoir que scientifique ? Depuis la plus Haute Antiquité, les hommes ont polémiqué pour savoir si notre monde résultait d'une succession de transformations incessantes ou bien si, un jour, il avait été créé tel quel. C’est l’occasion aussi de souligner et de valoriser, auprès des élèves, l’apport de différentes cultures au développement de la science12. 3 0 obj RASI H. (2003) : « La foi, la raison et le chrétien cultivé », Dialogue, n° 15(3), p. 5-9. CLEMENT P. (2014) : « Les conceptions créationnistes d’enseignants varient-elles en fonction de leur religion ? Il se distingue d’une croyance ou d’une opinion. 27Une seconde piste, dans un autre registre qui peut être celui d’un enseignement des faits religieux, pourrait avoir pour but de faire prendre conscience aux élèves de la diversité des lectures dont les Écritures sacrées peuvent faire font l’objet, selon les contextes historiques et culturels, afin notamment que ceux et celles qui seraient tenté(e)s par une lecture de type littéraliste, puissent s’en distancier. 2 Montrant ainsi que science et religion remplissent des fonctions différentes dans la vie d’une personne croyante. La commémoration du 150e anniversaire de la publication de l’œuvre de Darwin, en 2009, a été l’occasion d’une prise de conscience du rejet total ou partiel dont la théorie de l’évolution faisait encore l’objet, de la part d’une partie des élèves et des enseignants (Clément, 2014), dans différentes parties du monde, y compris en Europe. Car le savoir, d’un certain point de vue, est aussi une croyance : on croit qu’il est vrai que l’herbe est verte et que deux et deux font quatre. Enquête réalisée auprès d’élèves de terminale en Belgique francophone », Revue de didactique des sciences religieuses, n° 2, p. 14-29.